A STORY...

....Il était une fois...Non nous ne sommes pas dans un conte. Juste; ce je, ce tu. La vie, la musique qui ne s'arrête pas et le temps qui presse. Ceci est mon histoire. De toute manière je sais que le temps ce salaud, effacera notre bonheur, notre malheur, notre histoire. Alors j'écris pour ne pas en perdre une étincelle et comme une douce mélodie, je vais vous porter dans l'au-delà. Faites attention, prenez garde. Lorsque l'on visite une âme, on n'en sort jamais tout à fait pareil. Prêt à vous lancer? Je vous en pris, la porte des arc-en-ciels et des grands incendies vous est ouverte, jour et nuit.

  A STORY...

# Posté le samedi 08 novembre 2008 12:07

Modifié le lundi 10 novembre 2008 07:24

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....J'ai toujours eu cette légère impression de m'être tromper d'époque. De me sentir chez moi lorsqu'un violoniste jouait devant moi dans le métro, lorsque Otis Redding de sa voix grave remplissait ma chambre et que les photographies argentiques s'étalaient sur mon mur. Je débitais souvent des histoires imaginaires, et ma salle de bain sentait les lilas et le tabac. C'était tout, une nouvelle forme de raison. Papa me l'a toujours dit, je ne suis pas née pour vivre dans la réalité. Il ne disait pas cela d'une manière méchante, non tout le contraire, d'un ton de fierté. Sa fille, moi j'étais née pour donner de la magie. Moi sa fille, dont la peau est d'un blanc neige et dont les jambes ne pensent qu'à voler. Mon unique passion? La photographie.

....Tout avait commencé par là. Ma passion, mon unique passion. L'après midi venait de commencer, on descendait la rue, notre rue. Le soleil brillait, mais il faisait froid. Comme par hasard j'étais en robe mais peu importe on était bien. La rue était déserte. Vous veniez de vous faire coiffer, pas de chance le vent soufflait, mais peut importe on rigolait. Et tu sais ce canapé on l'aimait, on avait pleurer à ce que notre regard devienne désert, on avait ris à ce que notre ventre se courbe, on avait fêter 16 anniversaires en dansant dessus, 8 pour moi, 8 pour vous. Les souvenirs y sont marqués, les tâches de confitures diverses, en passant de la framboise à la rhubarbe. Petits déjeuners des lendemains de soirées. Tâche de vernis, de manucures lors de forts ennuies de pluvieux dimanches. Même sous le vent, en robe, elle avec ses bottes et elle avec sa belle coiffure on voulait immortaliser ce bout de chemin, oui parce que ce simple meuble, cette simple chose débile représentait beaucoup, les jeux d'enfants puis les conversations d'adolescentes débiles qui semblaient s'ouvrir à la vie avec un trop grand espoir. Mais là on s'en foutait, je suis partie chercher mon appareil photo et la séance a commencé. Mais pas comme on l'avait prévu. Non tout le contraire mais c'était trois fois mieux, c'était de l'instantané, oui c'était nos rires, nos quatre rires mélangés. Et puis elle est tombée mais je l'ai rattrapé comme on l'a toujours fait dans n'importe quelle situation. Et cette photographie là c'est simplement une fraction de seconde qui résume une période de huit ans. Et combien de gens vivront ça dans leur vie? Aimer des gens pendant huit ans? Combien vivront une aussi grande et longue amitié? Et on était quatre, quatre rires fou, quatre esprits complètement fou, quatre c½urs. J'ai mélangé tout ça puis j'ai cliqué et j'ai aimé.
Voilà ou tout à commencer, voilà ou la passion, la magie et l'avenir se sont ouvert à moi. Sans la photographie je n'existerai plus, je vis dans l'imaginaire ne l'oublier pas. Je les remercie. Tout de suite, maintenant, je ne les aime plus. Mais ça c'est une autre histoire. Après avoir donner confiance et pouvoir au premier mot d'enfant que l'on m'avait donné pour m'y fier " amitié ", j'avais décidé de suivre une autre voie.

....Désormais. Ma loi? La solitude. J'avais de l'encre plein les doigts, je m'étais graver photographie sur mon c½ur. Ma règle? Planer. Sentir ce vide sous mes pieds, sentir l'imagination grandir. Pour être photographe, il fallait aimer la solitude, cette solitude qui vous fais planer même dans la plus attachante des foules. Messieurs, dames, je faisais partis de la loi populaire de la jeunesse dépravée: fumer pour ne plus avoir à parler, boire pour ne plus avoir à penser. Ne plus vivre dans la réalité, savoir seulement imaginer et à mes heures perdues photographier. A mes débuts, allongée là, dans ma chambre. Dans mon cirque, ma roulotte, mon cachot, mon univers, mon nuage, mon château fort. C'était pas grand chose, mais s'était beaucoup pour une seule âme. Avant que la foudre ne frappe, avant que l'amour n'atteigne mes pensées, je jouais d'innocence. Perché sur la lune, les pieds dans l'espace. Perché dans l'imagination, l'âme dans le néant. Je me souviens encore, le soleil s'éteignait, les traces des avions se dessinaient dans le ciel orangé si loin, je les observais me demandant dans quelle direction ils s'enfuyaient, j'aurais aimé être à bord. Peut importe où ils devaient se rendre, peut importe où ils me mèneraient, du moment qu'il y avait un vide sous moi, mon seul plaisir c'était être entre ciel et terre, que je puisse me laisser tomber, je voulais chuter. Le silence régnait. Mon visage demeurait sans vie. Le mal être me consumait mais mon c½ur restait debout, se réveillait lentement. Le bout de mes doigts agrippèrent la guitare tranquillement, mon âme accrocha les cordes discrètement, doucement mes souvenirs se dessinèrent dans la mélodie que je fis glisser dans l'air si parfaitement. Non je me racontais des conneries, je n'avais jamais su jouer, je ne serai sûrement jamais.Je suivais les pas de mon père, ne pas se croire différent, mais s'inventer une différence.


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# Posté le samedi 08 novembre 2008 12:14

Modifié le lundi 10 novembre 2008 07:05

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....Les soirées s'enchainaient chez moi, l'hôtel de l'univers. Toujours la même rengaine, on finissait allongés parterre. Heureux à en crever, prient dans l'insomnie nous étions complètement aveuglés. Légèrement soulé pour ne pas sentir la terre tremblée sous nos pieds. Puis le matin, le sol collait et les ados se blottissaient où ils pouvaient, peut-être avaient-ils peur de se brûler entre eux à se toucher, mais au fond ils préféraient ça, que de mourir de froid dans la distance. Tout le monde partaient lorsque les rayons du soleil passaient à travers les stores, certains se demandaient ce qu'ils avaient pû faire cette nuit là, d'autres avaient aimé, d'autres avaient détesté. Peut-importe aucun n'avait retenu mon nom. Ou il l'oublierait dans les semaines à venir. J'étais seule.

....On était en automne. Je passais la moitié de mon temps à traîner dans le café à côté du lycée. J'aimai cet endroit, les bruits et les odeurs. Me poser sur la table à coté du Jukebox. Puis dans un élan de délire, ce fameux jour ou les feuilles tombaient des arbres, d'une soudaine petite décision à la con, je glissai une pièce dans cette belle machine. Et les notes de " It's a man's man's man's world " volaient désormais dans la pièce, entre les tasses, les serveurs et les quelques clients matinaux. Le son se faufilait dans leurs c½urs. Et vous saviez ma folie, me poussa à me lever, et je dansa. Ma tunique légère vola, et je dansai pour l'exaltation et l'inhabituelle. Puis la musique s'arrêta en même temps que la grosse porte du bar claqua. Junie, une camarade de ma classe venait d'entrer. De son regard, elle me méprisa en toute beauté. Elle me demanda un service, mes photographies avaient tourné dans le bahut, et un ami à elle cherchait une photographe pour faire une pochette d'album ou quelque chose de la sorte. Il s'appellait Nathanaël. Elle me fit une présentation de lui à sa façon. Comme si je ne savais pas de qui il s'agissait. J'avais entendu des filles de la ville dirent que c'était l'homme au chapeau et à la guitare, aux mille cigarettes et aux cent peines de c½ur. Puis les gars de la ville disaient que c'était le dragueur des cafés et des bars, le vagabond des rues en quête d'amour, de rêve et de gloire. Je ne savais pas à quoi il ressemblait, je m'en foutais. J'avais donc rendez-vous mercredi avec lui, question de tunes.

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# Posté le samedi 08 novembre 2008 12:37

Modifié le lundi 10 novembre 2008 07:05

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....Ma mère avait un petit hangar pour son travail, rue des rosiers dans le marais. Il venait d'être vidé il n'y a pas très longtemps. C'était donc, une chance pour moi, je pouvais m'en servir de studio pour mes séances photos. J'avais dis à Junie de dire à son ami que je lui donnais rendez-vous là-bas, à dix-sept heures.
Dix-sept heures dix, enfin arrivée à l'angle de la rue. J'étais en retard, pas très professionnel je sais, mais les feuilles et les friperies m'avaient retardé. Il était déjà là, adossé au mûr à côté de la porte, entrain du fumer une clope. Ses cheveux légèrement ébouriffes cachaient son visage. Il portait une chemise blanche et un gilet noir, puis une veste en velours bleu foncé. A le voir il me donnait froid, je ne sais pas si mes frissons étaient dû au dur froid d'automne, à l'appréhension où à l'envie. Son visage se tourna vers moi. Lorsqu'il comprit que j'étais la photographe en question il fit un ou deux pas en avant pour me saluer. Je vis alors, quelque chose qui m'avait échappé, il avait une guitare avec lui. Cacher juste avant par ses jambes. Quelque chose qui m'avait surprise? Peut-être mon c½ur qui battait très fort.

....Après quelques mots brièvement échangés, on entra. Le hangar était plongé dans le noir, Nathanaël rigola, je venais de me prendre quelque chose dans le pied qui me fit dérapé. J'étais maladroite, il le comprendra bien assez tôt. J'allai ouvrir les deux grandes fenêtres qui donnaient sur la petite cours arrière. Et la pièce s'éclaira, on fut surpris de voir que les nuages avaient laissé place à un léger soleil en ce mois d'octobre. Il s'approcha pour contempler un instant le ciel. Pour la première fois je vis la couleur de ses yeux. Vert, comme disait Nick Drake: plus vert que la plus verte colline.
Sur le mur face aux fenêtres se trouvaient des étagères cachés par de longs drapés. Au centre de la pièce, juste un tabouret. Et quelques cartons un peu partout dans les coins. J'étais légèrement stressé, je n'avais jamais pris en photo un inconnu. Lui aussi me paraissait mal à l'aise. Je lui dis alors de se détendre, de se laisser faire, que cela n'étais pas bien compliqué. Pendant que je préparai mon trépied et mon appareil photo, il s'assit sur le tabouret, s'alluma une autre cigarette. La fumée glissait dans l'air à la perfection, et les rayons de lumières luisaient sur ses cheveux. Je m'écrie soudain " ne bouge pas ". Il fut complètement désemparé, comme si une araignée s'était glissée dans sa manche. Je m'approchai de lui délicatement, comme si mes pas, mes gestes ne devaient rien changer, ne toucher aucun rayons de soleil et ne pas imprégner la fumée qui se dégageait de sa bouche. Je posai ma main sur son menton et tournai son visage légèrement de profil. Je lui demandai de regarder le soleil, comme si nous étions sur une ile de glace et que cette source jaune était un miracle. C'était bête, je sais, mais je n'avais rien trouvé de mieux à dire sur le coup. Il me sourit d'un air forcé, mais j'avais comme une impression. L'impression qu'il aimait être le centre de cette scène, de ce beau tableau. Je fis plusieurs prises, puis je le pris entrain de se déplacer, de prendre sa guitare, de fumer, de trembler, de se sentir fort dans la lumière, de simplement aimer être là.

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# Posté le samedi 08 novembre 2008 16:09

Modifié le mardi 11 novembre 2008 14:39

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....Nathanaël tapotait des pieds, et gigotait. Cela faisait déjà pas mal de temps qu'on était là, lui à fumer, moi à capturer le temps. Je lui proposai une pose, il me fit alors un grand sourire et sauta du vieux tabouret. Il me parla alors de la façon dont il avait découvert mes clichés, pendant que je fouillai dans mon sac pour attraper une cigarette et là fumer à mon tour. Je cherchais un carton où ma mère avait laissé certains de mes clichés dedans, pour les lui montrer. Après dix minutes de recherches j'abandonnai. Nathanel me demanda si le poste de radio coller au mur face à lui était à moi. Effectivement, cela faisait bien longtemps qu'il était là, je l'avais complètement oublié. Il s'empressa d'aller l'allumer, je lui dis avant qu'il soit déçu qu'il ne fonctionnait sûrement plus. Pourtant sans que je puisse deviner comment il avait réussi, un vif et agréable son parvenu à mes oreilles: " This Time Tomorrow " de The Kinks. Nathanaël enleva sa veste, la déposa sur le tabouret, et me dis comme un enfant " laissons tomber la photographie, place à la musique. Tu danses? ". Je rigolai, un garçon me demanda de lui même... de danser. Il m'attrapa par les hanches, et me fit tourner comme une de ses petites dames que l'on trouve dans les boîtes à poupées. Cette danse n'était ni sensuelle, ni délicate, ni pleine de sous entendus; non au contraire elle était légère, amusante. Je lâcha son épaule et sa main et me dirigea à nouveau vers ma machine à images, je mis le retarder. J'avais soigneusement pensé à éteindre le flash, et tirer les rideaux des fenêtres. Tout était bien plus paisible à la lueur de la cigarette. Je m'élançai à nouveau vers lui glissant dans la mélodie " faites attention monsieur vous êtes pris en photo " il me sourit à nouveau, différemment cette fois-ci, un sourire délicat. Nous dansions, nous dansions, nous dansions en chantant " Thiiiissss ttiiiimmmmeee tommmoorrrroowwww ", sur le coup, sur cette seconde volée de nos vies, on se foutait de tout. Dans mon objectif l'imaginaire et les rêves virevoltaient, l'oxygène était un vieux souvenir. Mes mains tremblaient, et cette douce fumée, son doux parfum consommaient mes lourdes pensées. C'est vrai qu'il était beau. Dans cette danse il n'y avait plus de mots, de jeu. Je savais qu'avec lui je ferais un tabac. Ses clichés sentaient la fierté. La lune somnolait, la ville s'endormait et la terre pouvait bien tourner comme une folle. Nous étions pris dans la danse.

....Après que les notes se soit arrêtés, et que nos voix ne firent plus échos contre les drapés. Il me lâcha doucement, et moi d'un geste nullement désinvolte, je jeta un dernier regard en contre plongée dans ses yeux. Je m'éloignai à l'autre bout de la pièce, ouvrit les rideaux. Il me fis remarqué qu'il faisait déjà nuit, la pendule au-dessus de la porte d'entrée indiquait vingt-deux heures. Je n'en revenais pas, j'avais passé mon temps à vouloir le suspendre, et il avait filé à l'allure d'une âme délaissé. Sans que je m'y attende, il me demanda si il pouvait me raccompagner. Je ne savais pas si c'était pour se la jouer gentleman ou dragueur comme disait les gars de la ville, mais comme toutes les femmes, je fus ravis à l'idée de ne pas rentrer seule dans la nuit.

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# Posté le samedi 08 novembre 2008 16:31

Modifié le mardi 11 novembre 2008 14:41